LE CORPS ET SANG DU CHRIST


L'Eucharistie est-elle une récompense de nos mérites, récompense réservée aux purs et aux Saints, une espèce de gâterie que nous ferait le Seigneur pour nos bons et loyaux services... ou alors est-elle : nourriture de l'âme qui donne force et vie à ces hommes faibles et pécheurs que nous sommes pour leur permettre de poursuivre le chemin, de traverser le désert.

Oui, frères et sœurs, cette richesse de son Corps et de son Sang que le Seigneur nous a laissée, contemplons la d'un peu plus près en ce jour de sa fête, avec respect et reconnaissance.

Manne, nourriture, pain, vin, boisson, manger... ce sont des mots qui reviennent sans cesse dans les textes de cette messe, et cette insistance nous fait comprendre que c'est bien sous cet aspect là de nourriture qu'il nous faut considérer l'Eucharistie.

Vous savez bien que pour vivre il faut manger et vous connaissez pour l'expérimenter chaque jour, toute la peine et le travail des hommes pour obtenir cette nourriture. C'est elle qui apporte au corps la force et l'énergie qui lui permettent ainsi de se développer et de grandir. Qui ne mange pas, dépéri, qui se nourrit convenablement peut poursuivre sa route. Toute vie, sous peine de s'affaiblir et de périr doit être entretenue par un aliment approprié. La vie divine, reçue au baptême comme les autres. L'Eucharistie est pour elle cet aliment indispensable et c'est pour cela que le Christ nous dit sans ambiguïté : "Si vous ne mangez la chair du Fils de l'Homme et si vous ne buvez son sang... vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang à la vie éternelle."

Et bien, frères et sœurs, si nous voulons vivre, si nous voulons être des chrétiens vivants et agissants et non pas des sous-alimentés ou des cadavres ambulants c'est dans cette nourriture là que nous devons puiser nos forces. Non, l'Eucharistie n'est pas une récompense, une gâterie donnée parcimonieusement à une élite, elle est au contraire une nécessité vitale pour nous et cela d'autant plus que nous sommes plus faibles.

Ce qui est merveilleux dans ce don du Seigneur c'est justement qu'il se met à la disposition de tous, sans compter : riches ou pauvres, jeunes ou vieux, bien portants ou malades, à tous il donne sans compter : sa force, sa lumière, sa grâce et bien plus ...! il se donne lui-même. A nous tous, par la communion il donne l'occasion de nous laisser imprégner par Lui, d'être assimilé par lui. En le recevant nous incarnons en nous la manière d'être, de penser et d'agir du Christ. C'est alors vraiment Lui qui vit en nous, qui s'extériorise à travers nous, dans notre famille, dans notre milieu de vie et de travail. Quand nous communions nous nous engageons pratiquement à aimer comme Jésus-Christ, avec lui, par lui et en lui. C'est pourquoi, des communions qui ne nous rendent pas plus dévoués, plus fraternels sont des communions stériles.

Mais si l'Eucharistie nous unit au Christ, elle nous unit aussi entre nous, les uns aux autres. Liés au Christ... nous le sommes du même coup les uns aux autres au point, dira St.Paul, de ne plus faire qu'un seul corps dans le Christ, c'est ce qu'il appelle "Le Corps Mystique", l'Eglise. Le fait de partager le même pain, d'être attablés autour d'une même miche qu'on partage à créé ce beau mot de CO-PAIN, l'ami, celui qui mange du même pain, à la même table. A plus forte raison devrions-nous être copains, amis, frères, si nous partageons le pain Eucharistique. Cela crée des liens, rapproche, unit, fait surmonter les oppositions et les divergences pour arriver à n'être plus "qu'un corps et qu'une âme".

"Un corps et une âme" c'était cette expression qui définissait les 1ers chrétiens. Et bien, de tout coeur, avec St.Paul, je souhaite que vous tous, gens de ......, communiant au Corps et au Sang du Christ, vous ne fassiez plus vous aussi désormais : "Qu'un seul corps et qu'une seule âme".      Amen

Fête du Corps et Sang du Christ : Année A