LES ROIS MAGES
Cette fête de l'Épiphanie est tellement chargée de
significations qu'on ne peut en faire le tour en quelques minutes, aussi nous
nous contenterons aujourd'hui, frères et soeurs, de nous mettre à notre tour à
dos de chameau et de suivre tout simplement la démarche de ces chercheurs de
Dieu que sont les Rois Mages
:
- ils ont
quitté leur pays pour suivre une
étoile,
- ils ont
trouvé un enfant qu'ils ont
adoré,
- ils sont
repartis chez eux par un autre chemin.
1) Oui, une étoile les a fait se mettre en route. Ils ont senti que quelque chose d'important était en train de se passer quelque part et ils ont voulu voir... ils se sont alors mis en route... ils ont quitté leur confort et leur tranquillité pour s'embarquer, dans ce qu'il faut bien appeler, une aventure.
Au cours de notre vie, quelque fois peut-être, une étoile s'est mise aussi à clignoter pour nous. C'est un événement, la rencontre d'une personne ou une séparation, une joie ou une peine... Nous nous sentons tout à coup invités à quitter nos certitudes et nos habitudes... et il nous faut nous mettre en route, avancer, tourner le dos à quelque chose pour nous diriger vers autre chose que nous ne connaissons pas encore... C'est l'incertitude, c'est une aventure dans laquelle nous nous lançons mais qui en tout état de chose nous fera aller plus loin… plus haut…
2) Les Mages, eux, dès que l'étoile est apparue, se sont mis en route et ils ont trouvé : ils ont trouvé un enfant couché dans une crèche, l'Enfant Dieu, et ils se sont mis à l'adorer et à lui offrir leurs présents.
Pour nous, pauvres hommes à qui il faut du concret pour croire, nous ne pouvons vraiment rencontrer Dieu qu'en rencontrant Jésus Christ, sinon Dieu reste pour nous une idée vague, fragile et inconsistante. Jésus Christ c'est Dieu qui se montre, qui agit parmi nous, qui s'est fait l'un d'entre nous. C'est à travers Lui que nous aimons Dieu, c'est en servant nos frères que nous le servons Lui... En déposant leurs cadeaux aux pieds de Jésus les Mages l'adorent. L'adoration qui ne conduit pas à donner ce qu'on a et ce qu'on est c'est du toc, du faux semblant. La foi, comme l'amour, ça s'exprime par des actes concrets, pas par des paroles, cela s'exprime par le don de soi à Dieu et aux autres car le plus beau cadeau que l'on puisse faire à quiconque c'est et ce sera toujours de se donner soi-même.
3) Et après avoir adoré l'Enfant Dieu, après s'être offert eux-mêmes à travers leurs cadeaux, les Rois Mages sont repartis chez eux par un autre chemin.
Quand on a vraiment rencontré le Seigneur on ne fait plus rien comme avant, on prend un nouveau chemin. On ne va pas à la rencontre de Dieu pour fuir le réel, pour se réfugier dans un cocon douillet à l'abri des duretés de la vie, mais au contraire, quand on l'a trouvé, après nous avoir donné sa force et sa lumière, le Seigneur nous renvoie toujours à nos taches quotidiennes, mais on y revient avec un coeur nouveau, une vie nouvelle en nous, une ardeur renouvelée...parce que nous savons qu'il y a Quelqu'un avec nous, Quelqu'un derrière nous.
Je ne sais si cela vous a frappé à la lecture de cet Évangile : il existe un énorme contraste entre les Mages, (des païens qui cheminent à la recherche de l'Enfant Dieu), et les chefs des prêtres et les scribes, docteurs de la religion officielle, qui eux ne bougent pas. Ils savent beaucoup de choses sur Dieu... mais ils restent à Jérusalem... ils ne se dérangent pas... ils ne vont pas jusqu'à Bethlehem. Se croire définitivement installé dans la foi n'est pas une bonne chose, mais il faut toujours l'approfondir, se remettre en question, réfléchir, la faire réagir aux événements du temps, sinon c'est une foi sclérosée, une foi morte, une foi qui ne nous fait plus bouger. Et vous savez bien, quand on ne bouge plus… c'est qu'on est mort.
Et bien, frères et soeurs, en cette fête de l'Epiphanie, à
l'image des Mages, mettons-nous en selle, mettons-nous en route à notre tour
vers le Christ, Lui qui est et qui sera toujours pour chacun d'entre nous : le
Chemin, la Vérité et la Vie.
Amen
Epiphanie