Depuis quelques dimanches Jésus provoque les autorités juives et aujourd'hui nous voyons celles-ci passer à l'offensive en envoyant des Pharisiens et des Hérodiens poser à Jésus une question piège : " Faut-il ou non payer l'impôt à César ? ".
Tout commence par une belle hypocrisie et par une louange très appuyée : " Maître, tu es toujours vrai tu ne te laisses influencer par personne tu ne fais pas de différence entre les gens etc " et puis arrive le traquenard : " Faut-il ou non payer l'impôt à César ? " Si Jésus répond OUI il leur sera facile de le faire passer pour un collaborateur de l'occupant romain et le peuple se détournera de lui. S'il répond NON, ce leur sera aussi facile de le présenter comme un dangereux agitateur et de le dénoncer aux autorités romaines comme un opposant. A leurs yeux, Jésus est coincé.
Connaissant leur hypocrisie, Jésus les prend alors à leur propre piège. Il leur demande de lui montrer une pièce de monnaie Il la leur fait décrire et en tire simplement la conclusion : Puisque vous avez sur vous cet argent qui porte l'effigie et l'inscription de César, c'est donc que vous collaborez vous-même avec lui Si vous avez accepté de le prendre, cet argent, il est donc logique que vous acceptiez aussi de le lui rendre Point final sur la question !
Mais Jésus ne s'arrête pas là. A son habitude il essaye toujours de faire réfléchir ses contemporains sur des choses cachées, il profite toujours pour aller plus loin, plus profond, pour orienter les questions temporelles vers le spirituel et vers Dieu. C'est pourquoi il continue et ajoute cette phrase que personne n'attendait : " Mais rendez aussi à Dieu, ce qui appartient à Dieu "
Oui, il faut donner à César ce qui est à César. Nous tous nous sommes des enfants du monde. Et dans ce monde il y a des autorités civiles qui exercent des pouvoirs pour la bonne marche des communautés. Qu'elle soit nationale ou communale l'autorité civile est à respecter. De plus, en tant que chrétien nous n'avons pas à nous désintéresser de la politique mais nous avons à prendre nos responsabilité dans la construction de la société, au service de l'homme et de tous les hommes.Mais nous dit Jésus, il faut aussi savoir rendre à Dieu, ce qui est à Dieu car nous sommes aussi enfants du ciel, faits à l'image, à l'effigie divine. Créé par Dieu, l'être humain est destiné , dès ici-bas, à partager la vie de Dieu. La politique, si importante qu'elle soit, n'est pas le tout de l'homme n'est pas l'essentiel de l'homme. " L'homme ne vit pas seulement de pain ni de logements, ni de supermarchés Si César a pu imprimer son image sur les pièces de monnaie, qu'il faut donc lui rendre . À combien plus forte raison la personne humaine, marquée de l'image de Dieu doit-elle respecter les droits de Dieu et se donner à Dieu tout entière. Nous sommes bien placés pour savoir que là où Dieu n'est pas respecté, l'homme n'est pas respecté bien longtemps. Quand le pouvoir de l'Etat n'a de compte à rendre à personne, il écrase l'homme. Les sociétés sans Dieu ont été dramatiquement inhumaines
Or, aujourd'hui, en ce dimanche des missions, c'est cette
dimension humaine de solidarité, de compréhension et de main tendue
vers nos frères à laquelle l'Eglise nous invite. Ce dimanche nous
pousse à coopérer à la Mission de l'Eglise, qui est l'annonce
de l'Evangile, en soutenant les communautés chrétiennes les plus
démunies. Votre offrande de tout à l'heure sera une contribution
pour :
- Aider à la formation de séminaristes
- Pour soutenir la vie quotidienne des prêtres et religieux d'Afrique,
d'Asie, d'Amérique latine et d'Océanie.
- Pour favoriser des projets d'éducation et d'évangélisation
auprès des enfants, auxquels participent de nombreux volontaires laïcs.
Cette offrande missionnaire est mondiale, car elle se vit aujourd'hui dans beaucoup
de paroisses du monde. Vous pouvez participer à cette solidarité
entre Eglises en utilisant les enveloppes que vous trouverez au fond de la chapelle
ou par un don lors de cette quête.
Que retenir de ce dimanche ? Et bien c'est qu'entre Dieu et
César, il n'y a pas à choisir, il faut tout simplement donner
à chacun ce qui lui revient. Citoyen de son pays et citoyen des cieux,
le chrétien se donnera à fond dans ces deux directions. Il saura
toujours garder sa liberté en évitant d'absolutiser l'un comme
l'autre : participer à la gestion du monde ; et participer à l'avènement
du Royaume seront toujours nos deux tâches d'homme ici-bas. A nous de
les mener à bien pour le bien de tous.
Amen
29° Dimanche ordinaire. Année
A