VENEZ AU REPAS DE NOCE

Nous venons d'entendre cette histoire du roi qui invite des gens au mariage de son fils. Cette Parabole, sous forme de comparaison, veut nous raconter les péripéties d'une histoire d'amour entre Dieu et nous les hommes. Et comme toutes les histoires elle commence par : " il était une fois... "

Oui, il était une fois un Dieu heureux. Tellement heureux qu'il voulut faire partager son bonheur. Ce Dieu-là vivait d'amour : c'étaient même trois personnes qui s'aimaient, qui se donnaient les unes aux autres une joie infinie, dans une totale transparence, dans un partage absolu. Un bonheur sans mélange, durable, éternel...
Quand on éprouve tant de bonheur comment ne pas avoir envie de partager ce bonheur avec d'autres ? Alors Dieu décida d'épouser l'humanité, pour l'introduire dans sa famille, dans sa vie, dans son amour. Et ce fut l'incarnation du Fils. " Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils... " Oui, Dieu unit son Fils à l'humanité, il en fait l'un d'entre nous. Cette image des Noces court d'ailleurs tout au long de la Bible et les relations de Dieu avec l'humanité sont toujours comparées à une Alliance ou à des épousailles.

Aujourd'hui pour nous, il s'agit donc d'une invitation. Dieu qui nous invite à son festin, qui nous appelle, et pas plus tard que tout à l'heure je vous dirai en son Nom : " Heureux sommes-nous d'être invités au repas du Seigneur... ". La messe, c'est Dieu qui invite, c'est comme s'il nous envoyait une carte d'invitation : " Tel jour, à telle heure, vous êtes cordialement invité au festin de noces. Veuillez répondre S.V.P.... "

Cependant, à l'invitation de Dieu répond la liberté de l'homme. Il a la possibilité de dire oui ou non. Et il ne s'en prive pas : " Les invités ne tinrent aucun compte de cette invitation et s'en allèrent l'un à son champ, l'autre à son commerce... " La description de l'inconscience de ces invités est d'une brûlante actualité. Combien de nos contemporains ne disent-ils pas : " Comment voulez-vous que j'aille à la messe ? Je n'ai que mes dimanches pour faire du foot, du tennis, ou la grasse matinée... " ou bien : " C'est le jour où nous allons à la montagne... " ou bien encore : " Quand j'ai dansé toute la nuit, comment voulez-vous que j'aille encore à la messe ? " Oui, trop souvent nous nous laissons prendre par nos occupations ou nos loisirs et nous n'avons plus de temps pour Dieu et ses invitations et petit à petit il se retrouve à la dernière place...

Mais devant le désistement des premiers invités, le roi, loin de renoncer à sa fête, élargit l'éventail des invitations pour que la salle de noces soit remplie. L'entrée dans le Royaume de Dieu est gratuite, tous y sont appelés, les mauvais comme les bons. Mais cet appel comporte une exigence, ce qui est demandé c'est de montrer par un acte concret que nous désirons y entrer et cet acte concret est représenté par le vêtement de noces. Par là Dieu veut nous faire comprendre que nous sommes responsables pour une part de notre participation à la fête éternelle, le salut n'est pas automatique, il demande que nous mettions la main à la pâte, il demande un effort de notre part.

Frères et soeurs, acceptons l'invitation que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, ne lui tournons pas le dos mais profitons de tout moment qu'il nous donne pour préparer notre coeur, pour préparer la robe de noce qui nous introduira dans son Royaume.                   Amen


28 ème dimanche ordinaire Année A