TU LES AVERTIRAS DE MA PART…

Frères et sœurs, les textes de ce Dimanche je les ais pris d'abord pour moi. Je me suis senti concerné. C'est à moi, en tant que prêtre, que Dieu dit dans la 1ere lecture d'Ezéchiel " tu es un guetteur pour la maison d'Israël, lorsque tu entendras une parole de ma bouche tu les avertiras de ma part… " Et aujourd'hui, la Parole que j'ai à vous adresser de la part du Seigneur porte sur la correction fraternelle. Que ce soit en famille ou dans notre entourage, il n'est pas rare qu'il y ait des problèmes, aussi je ne me déroberai pas, car " si je ne vous averti pas c'est à moi qu'il sera demandé des comptes… "

Dans l'épître aux Romains, St Paul vient de nous rappeler une fois de plus que celui qui aime les autres accomplit parfaitement la Loi. Nous savons cela par cœur, mais le vivons nous concrètement dans nos vies ? C'est toujours à cela qu'il faut revenir, aux choses concrètes : que dois-je faire pour rendre l'autre heureux, mon prochain d'abord, celui qui vit à mes côtés, mais aussi tout homme même s'il n'est pas de notre bord, de notre religion ou de notre milieu. Dans ce merveilleux chapitre 13 de l'épître aux Corinthiens, St Paul nous dit jusqu'où il faut aller :

" L'amour prend patience, l'amour rend service, l'amour ne jalouse pas,
il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'emporte pas, il n'entretient pas de rancune,
il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout… "

Que de choses iraient mieux dans nos familles, dans nos communautés si nous mettions davantage en pratique ce chapitre aux Corinthiens. C'est à cela que nous devons tendre entre nous si nous voulons mériter le nom de chrétiens. Il y a parfois dans nos familles des situations de ruptures, des malentendus, des non-dits qui appesantissent l'atmosphère. S'il y a un problème il faut savoir parler, se rencontrer, discuter face à face, ne pas laisser pourrir une situation. Si cela ne donne rien, il faut revenir à la charge, à plusieurs s'il le faut, nous dit l'évangile, sans se lasser, sans rompre le dialogue, sans blesser…

Quand on a à régler des différents, quand on a des remarques à faire à son frère, la manière de dire et de faire est importante. Il faut le faire sans dureté, sans orgueil, sans désir d'humilier l'autre, d'avoir raison sur lui, de l'acculer au pied du mur. Car qui que nous soyons nous avons, nous aussi, nos torts et nos faiblesses et si aujourd'hui nous aidons tel frères sur tel sujet, demain ce sera peut-être lui qui nous fera prendre conscience d'une lacune sur un autre point.

Tout ce que je viens de dire peut s'appliquer à toutes les causes de division et ce ne sont, en fin de compte, que des remarques de simple bon sens. Mais le Christ veut aller plus loin et plus profond, et à la fin de l'évangile il nous demande de prendre aussi la prière comme moyen de réconciliation. " Si deux d'entre vous se mettent d'accord pour demander quelque chose ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux ". Si nous tous, réunis ici ce matin, avec le Christ présent au milieu de nous, nous demandions instamment au Seigneur, la paix dans nos familles, la paix dans notre entourage, ne croyez-vous pas que cela arrivera ? - Se dire que la personne avec laquelle j'ai un différent récite elle aussi le Notre Père, qu'elle peut, avec autant de droit que moi dire à Dieu " Père… " qu'elle essaye peut-être avec autant de difficulté que moi de mettre en pratique le " pardonne-moi mes offenses de la même manière que je pardonne à ceux qui m'ont offensé ". Savoir cela devrait déjà abattre bien des barrières… et favoriser un rapprochement.

Frères et sœurs, j'ai fait mon devoir de vous avertir, mon devoir de guetteur. C'est maintenant à vous de faire celui des premiers pas, celui des premières mains tendues, celui des premiers sourires qui faciliteront la reprise des contacts, du dialogue et des échanges. Puisse se réaliser pour vous ce matin le refrain du psaume : " Aujourd'hui ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ! "
Amen

23° Dimanche ordinaire. Année A