Si je vous posais maintenant la même question que le Christ à ses apôtres à la fin de l'évangile "Avez-vous compris tout cela ?" Que me répondriez-vous ?
Comme eux, vous répondriez certainement "Oui", car , en effet, il n'est pas difficile à imaginer que lorsqu'on trouve un trésor ou une perle fine on fasse tout pour se l'approprier ou pour la conserver. Le paysan a beau vendre tout ce qu'il a, il ne fait en définitive qu'un bon placement puisque l'achat du champ du trésor lui rapportera bien plus. Il en va de même pour le marchand qui mise tout sur l'achat de la perle rare. Si l'on reste à ce niveau matériel cela ne fait donc aucune difficulté.
Mais Jésus ne veut pas rester, lui, sur le plan matériel seulement. Ses paraboles ne sont là que pour essayer de faire comprendre en termes simples, des réalités cachées et plus abstraites. Le trésor dont il nous parle c'est le Royaume de Dieu, c'est tout ce qu'il est venu apporter au monde de connaissance de Dieu, d'amour du prochain, de vie fraternelle. Et pour ce trésor là sommes-nous prêts à nous investir, sommes-nous prêts à tout miser, sommes-nous prêts aux mêmes folies ?
Ce trésor qu'est le Royaume de Dieu, il faut bien nous en convaincre, c'est l'unique nécessaire que Marthe devait rechercher et la meilleure part qu'avait su choisir Marie qui s'était mise à l'écoute aux pieds de Jésus. Le Royaume de Dieu c'est la seule chose qui manquait à l'homme riche qui avait tous les biens matériels possibles et qui s'en alla tout triste de n'avoir su apprécier et prendre le trésor qui lui était offert. Il n'avait pas compris qu'on ne peut posséder le Royaume qu'en se dépossédant du reste. On jette ce qui ne vaut rien au profit de ce qui est devenu le plus important. Lui a voulu tout garder.
Et nous, frères et soeurs, apprécions-nous la chance de notre foi ? Sommes-nous prêts à tout miser sur elle, à en faire l'affaire de notre vie ? Jésus - puisqu'en fin de compte, il s'agit de lui - est-il vraiment pour nous le sauveur, celui sans qui rien n'a de prix, rien n'a de valeur ? Est-il pour nous, comme pour les disciples d'Emmaüs, celui qui donne un sens à notre vie ? Car il faut bien le dire, la vie chrétienne n'a aucun sens si Jésus est mort définitivement, mais elle a tout son sens si Jésus est ressuscité et toujours vivant. S'il est resté mort, "mangeons et buvons, car demain nous mourrons" dit le "sage" entre guillemets... S'il est vivant au contraire, tout quitter pour le suivre est la suprême sagesse, le chemin de la vraie vie et de la vraie joie.
Tant d'hommes aujourd'hui, frères et soeurs, notamment
chez les jeunes, sont en attente d'une perle rare, d'un trésor pour eux
et pour le monde. Quel visage de la foi leur proposons-nous ? Un carcan de préceptes
et de lois, une enfilade de dogmes obscurs, une pratique vide ? ou tout simplement
le visage rayonnant d'un Christ vivant. Un Christ dont il n'est pas interdit
de tomber amoureux au point de vendre tout ce que l'on possède pour recevoir
de lui la chance et la grâce d'un appel qui nous dirait : "Viens
et suis-moi, mise tout sur moi."
Amen
17ème dimanche ordinaire Année
A.