PARABOLE DU SEMEUR

Dans la 1ère Lecture, Isaïe fait dire au Seigneur: "Ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir accompli sa mission..." Or, quand nous regardons autour de nous, frères et sœurs, nous constatons que beaucoup de chrétiens qui devraient justement suivre la Parole de Dieu font justement le contraire comme s'il n'avait rien dit et se complaisent dans l'injustice, la tiédeur ou le manque de charité. Il semblerait bien, qu'elle ne soit pas si efficace que cela cette Parole de Dieu !

C'était d'ailleurs le même problème au temps de Jésus. Au moment même où il donne cette parabole du semeur, sa parole se heurte aux cœurs de pierre des Scribes et des Pharisiens. Il a vu des gens enthousiastes crier :"Seigneur, Seigneur !" en l'écoutant mais qui, après, n'ont en rien changé leur vie. Des villes et des bourgades se ferment à lui et lui opposent leur indifférence. J-Baptiste lui-même s'est mis à se poser des questions sur lui :" Est-ce bien toi, celui qui doit venir ?".

Jésus, dans cette Parabole du Semeur, ne nie pas l'échec, il ne nie pas le gâchis que l'on fait de la Parole de Dieu, toutes ces graines mangées, séchées, étouffées, emportées par le vent... Dieu semble effectivement semer en pure perte : mais de ces débuts si peu prometteurs surgira néanmoins une moisson dépassant toutes les espérances. Le rendement exceptionnel de la semence tombée dans la bonne terre (30 - 60 - ou 100 pour un) compensera largement les échecs incontestables subis dans les mauvais terrains. Dans l'explication de cet évangile, Jésus met d'ailleurs surtout l'accent sur le terrain qui accueille le bon grain. Si la semence c-a-d la Parole de Dieu ne lève pas, ne grandit pas, ne transfigure pas notre vie, la faute n'en est pas à l'impuissance de Dieu mais aux obstacles qu'oppose le terrain. Le terrain c'est nous, c'est nos âmes, et Jésus énumère les obstacles que la Parole de Dieu peut y trouver.

Le 1er obstacle c'est l'indifférence : la Parole de Dieu parce qu'elle n'est pas désirée n'est pas entendue, n'est pas accueillie et ne laisse pas plus de traces que de l'eau sur le dos d'un canard. On n'en ressent pas le besoin et une infinité d'autres choses nous accaparent et retiennent toute notre attention : plaisir, honneurs, réussite, richesse etc, qui viennent comme des oiseaux picorer ces graines et les faire disparaître.

Le 2ème obstacle c'est la dureté, la raideur, le sol pierreux. Notre cœur se referme sur lui-même , nous croyons en savoir assez sur Dieu avec ce que nous avons appris au catéchisme et nous nous fermons à tout progrès dans la connaissance de Dieu. Dans notre enfance nous avons pris le départ, notre foi a levé, et puis à la longue, faute d'être nourrie, faute de bonne terre et de racines profondes elle s'est desséchée.

Un 3ème obstacle c'est les épines, les ronces, les mauvaises herbes qui poussent avec le bon grain et qui, peu à peu, finissent par l'étouffer. Ce sont nos défauts, nos vices, toutes ces choses qui encombrent l'âme comme l'égoïsme et l'orgueil, toutes ces choses que nous n'avons pas eu le courage de déraciner à temps et qui, petit à petit, envahissent et étouffent notre vie. Dieu n'est plus alors considéré que comme un gêneur,

Alors, frères et sœurs, que devons-nous faire pour rendre la Parole de Dieu plus efficace et plus vivante dans nos vies? Et bien, le dernier des paysans ou des jardiniers vous le dira. Il faut cultiver, il faut entretenir le champ de notre âme, enlever les cailloux, en arracher les épines et les ronces. Ce n'est qu'après ce travail que :" La pluie et la neige qui descendent des cieux, abreuvent la terre, la fécondent, y font germer la semence..." nous disait Isaïe tout à l'heure et c'est alors seulement que nous pourrons produire du fruit.

Frères et sœurs, le Seigneur a semé aujourd'hui chez vous, ici, à ........ mon souhait est que vous puissiez, vous aussi, porter du fruit à raison de 30 - 60 ou de 100 pour un.              Amen.


15 ème dimanche ordinaire de l'année A.