CE QUE TU AS CACHE AUX SAGES….

Connaissez-vous les préférés de Dieu ? Ses privilégiés, les chouchous de Dieu quoi. Et bien l'évangile d'aujourd'hui vient de nous le révéler lorsque Jésus dit : " Père, il y a un tas de choses que tu as caché aux sages et aux grosses têtes et que tu n'as fait savoir qu'aux tout petits "…

Lorsque Jésus prononçait ces paroles il y a 2000 ans en Palestine, il n'a pas dû se faire que des amis. Certains scribes et pharisiens ont dû en prendre pour leur grade, eux les soi-disant maître es science de Dieu, eux qui avaient des explications sur tout, voilà que ce Rabbi de rien du tout leur envoie dire que les petits en savent plus qu'eux sur Dieu !

Et de nos jours ç'a n'a toujours pas changé. Aujourd'hui encore le petit est mal vu et décrié. Personne n'aime être petit, tous nous ne pensons qu'à une chose : monter, grandir, être plus grand et plus fort que le voisin :
     - l'adolescent a hâte de devenir adulte,
     - le manœuvre ne pense qu'à devenir ouvrier spécialisé,
     - celui qui a une moto, une voiture ou un ordinateur en veut un plus puissant et plus performant encore… etc… etc…

Les publicités à la radio ou à la TV insistent d'ailleurs fortement là-dessus et enfoncent le clou : être le meilleur, le plus grand, le plus fort, épater les autres. Seulement voilà, le revers de la médaille, quant on a tout on ne sait plus de quoi on pourrait encore avoir besoin, en tout cas pas besoin de Dieu ! Quand on est trop plein de soi-même, trop imbu de sa valeur, trop orgueilleux, il n'y a plus de place pour rien d'autre que pour soi-même, c-à-d pour du vide et pour du creux.
Et les petits là-dedans ? Et bien justement eux ils savent qu'ils ont besoin de tout, qu'ils n'ont rien, ils sont pauvres d'avoir, de savoir et de pouvoir et ils sont là tendus vers celui qui peut tout leur donner, ils sont là réceptifs à tout ce qui va venir.

Et la première chose sur laquelle ces petits peuvent compter c'est sur l'amour de Dieu, sur sa tendresse pour l'homme le plus démuni, le plus petit, le plus pécheur ! Dieu ne nous donne pas parce que nous sommes des gens biens, pleins de mérites et de bonnes actions, des gens parfaits et même " plus que parfait "… Dieu nous aime gratuitement, tels que nous sommes, sans qu'il y ait le moindre mérite de notre part. Dieu adore d'ailleurs donner, répandre, combler. Et ça l'enfant le comprend, il le sent. Un petit c'est celui qui se jette sans l'ombre d'une hésitation dans les bras que lui tend son père sans se poser de questions s'il en est digne ou non. Il laisse parler l'élan de son cœur.

Et c'est à cela que Jésus nous invite aujourd'hui, être des petits qui se jettent dans ses bras et cela surtout lorsque notre peine est trop lourde, notre souci trop grand, notre fardeau trop écrasant : " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai du repos ". Alors avec le même élan que l'enfant allons vers lui et il nous apprendra à être comme lui " doux et humble de cœur ", il rendra notre fardeau léger et le joug de nos obligations, de nos échecs et de nos peines plus facile à porter.

Et bien oui, rendons grâce aujourd'hui à Dieu d'avoir fait comprendre cela à ces petits que nous sommes. Du fond de notre cœur redisons-lui ce très beau chant que nous connaissons sûrement :
     Garde-nous tout petits devant ta face
     Simples et purs comme un ruisseau
     Garde-nous tout petits devant nos frères
     et disponibles comme une eau.

Si nous voulons vraiment être disciples du Christ, plutôt que de rêver à parader, à écraser, à en mettre plein la vue aux autres, essayons, chaque jour, de devenir comme lui " doux et humbles de cœur ". Mettons-nous à son école, car c'est celle de la liberté et du véritable amour.
Amen

14° Dimanche ordinaire. Année A