Connaissez-vous les préférés de Dieu ? Ses privilégiés, les chouchous de Dieu quoi. Et bien l'évangile d'aujourd'hui vient de nous le révéler lorsque Jésus dit : " Père, il y a un tas de choses que tu as caché aux sages et aux grosses têtes et que tu n'as fait savoir qu'aux tout petits "
Lorsque Jésus prononçait ces paroles il y a 2000 ans en Palestine, il n'a pas dû se faire que des amis. Certains scribes et pharisiens ont dû en prendre pour leur grade, eux les soi-disant maître es science de Dieu, eux qui avaient des explications sur tout, voilà que ce Rabbi de rien du tout leur envoie dire que les petits en savent plus qu'eux sur Dieu !
Et de nos jours ç'a n'a toujours pas changé.
Aujourd'hui encore le petit est mal vu et décrié. Personne n'aime
être petit, tous nous ne pensons qu'à une chose : monter, grandir,
être plus grand et plus fort que le voisin :
- l'adolescent a hâte de devenir adulte,
- le manuvre ne pense qu'à devenir
ouvrier spécialisé,
- celui qui a une moto, une voiture ou un ordinateur
en veut un plus puissant et plus performant encore
etc
etc
Les publicités à la radio ou à la
TV insistent d'ailleurs fortement là-dessus et enfoncent le clou : être
le meilleur, le plus grand, le plus fort, épater les autres. Seulement
voilà, le revers de la médaille, quant on a tout on ne sait plus
de quoi on pourrait encore avoir besoin, en tout cas pas besoin de Dieu ! Quand
on est trop plein de soi-même, trop imbu de sa valeur, trop orgueilleux,
il n'y a plus de place pour rien d'autre que pour soi-même, c-à-d
pour du vide et pour du creux.
Et les petits là-dedans ? Et bien justement eux ils savent qu'ils ont
besoin de tout, qu'ils n'ont rien, ils sont pauvres d'avoir, de savoir et de
pouvoir et ils sont là tendus vers celui qui peut tout leur donner, ils
sont là réceptifs à tout ce qui va venir.
Et la première chose sur laquelle ces petits peuvent compter c'est sur l'amour de Dieu, sur sa tendresse pour l'homme le plus démuni, le plus petit, le plus pécheur ! Dieu ne nous donne pas parce que nous sommes des gens biens, pleins de mérites et de bonnes actions, des gens parfaits et même " plus que parfait " Dieu nous aime gratuitement, tels que nous sommes, sans qu'il y ait le moindre mérite de notre part. Dieu adore d'ailleurs donner, répandre, combler. Et ça l'enfant le comprend, il le sent. Un petit c'est celui qui se jette sans l'ombre d'une hésitation dans les bras que lui tend son père sans se poser de questions s'il en est digne ou non. Il laisse parler l'élan de son cur.
Et c'est à cela que Jésus nous invite aujourd'hui, être des petits qui se jettent dans ses bras et cela surtout lorsque notre peine est trop lourde, notre souci trop grand, notre fardeau trop écrasant : " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai du repos ". Alors avec le même élan que l'enfant allons vers lui et il nous apprendra à être comme lui " doux et humble de cur ", il rendra notre fardeau léger et le joug de nos obligations, de nos échecs et de nos peines plus facile à porter.
Et bien oui, rendons grâce aujourd'hui à
Dieu d'avoir fait comprendre cela à ces petits que nous sommes. Du fond
de notre cur redisons-lui ce très beau chant que nous connaissons
sûrement :
Garde-nous tout petits devant ta face
Simples et purs comme un ruisseau
Garde-nous tout petits devant nos frères
et disponibles comme une eau.
Si nous voulons vraiment être disciples du Christ, plutôt
que de rêver à parader, à écraser, à en mettre
plein la vue aux autres, essayons, chaque jour, de devenir comme lui "
doux et humbles de cur ". Mettons-nous à son école,
car c'est celle de la liberté et du véritable amour.
Amen
14° Dimanche ordinaire. Année
A