" Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi " Voilà encore une de ces phrases de Jésus qui secouent et décoiffent Cependant ce ne seraient que ceux qui n'ont jamais rien lu de l'évangile qui pourraient penser que le Seigneur est contre l'amour parental et filial. Mais nous, qui dimanches après dimanches, écoutons sa Parole, nous avons toujours résonnant dans nos oreilles de multiples versets nous invitant à aimer.
" Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés " - " Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. " (et cela Jésus n'a pas fait que de le dire, il l'a mis en pratique !). N'étant pas venu pour abroger la loi Jésus a lui-même observé le commandement : " Honore ton père et ta mère " en étant soumis à Joseph et à Marie. Il reproche d'ailleurs aux Pharisiens de ne pas venir en aide à leurs parents dans le besoin, et sur la croix, un de ses derniers gestes, sera de confier Marie, sa mère, à l'apôtre St Jean parce qu'il le sait capable d'en prendre soin.
Ce n'est donc pas à " haïr " son père et sa mère comme le disait St Luc en forçant le trait dans l'évangile que le Seigneur nous invite, mais il veut nous faire comprendre que même dans l'amour il y a une hiérarchie, et que l'amour envers Dieu doit avoir la priorité. : " Ne savez-vous pas que je me dois d'abord aux affaires de mon Père ? " dit-il à Marie et à Joseph qui lui demandaient pourquoi il les avait quittés au retour du pèlerinage à Jérusalem. Il y a un ordre dans l'amour. S'il est naturel d'aimer les hommes plus que les choses et les bêtes ce que nous ne faisons peut-être pas toujours (qu'en est-il de nos chiens pour certains, ou de tel ou tel bien matériel pour d'autres ?) N'est-il pas tout aussi naturel d'aimer le créateur plus que ses créatures ? " Mon Dieu, je vous aime de tout mon cur et plus que tout " disions-nous dans l'acte de charité. Aimons-nous Dieu plus que tout ? Sa volonté passe-t-elle avant la nôtre, avant nos désirs, nos aises, nos plaisirs mêmes les plus légitimes ?
Oui, aimer Dieu c'est exigeant. Par notre baptême nous avons accepté de nous mettre en route, car le baptême ce n'est pas un point d'arrivée, mais c'est un point de départ, la source d'un dynamisme appelé à se déployer dans la totalité de notre existence de chrétien. Etre baptisé nous a dit St Paul tout à l'heure c'est avoir fait un choix, être unis à la mort mais aussi à la résurrection du Christ. On n'est pas un bon chrétien parce qu'on est baptisé, on a à le devenir en faisant tout pour vivre sérieusement nos engagements de baptême. Le baptême c'est le sacrement de la marche chrétienne, tournant le dos au mal et tendu vers Dieu et le prochain.
Que le Seigneur en ce dimanche ouvre nos curs à
sa parole pour que nous puissions comprendre où se situe la vraie vie
: elle est là où l'on aime. Là où l'on aime Dieu
et le prochain plus que soi-même, là où l'on est capable
d'accueillir l'autre, de prendre du temps pour lui, de l'aider comme l'a fait
la Sunamite de la première lecture, de donner même un verre d'eau
Qui veut au contraire garder égoïstement sa vie pour lui-même,
la perdra.
Amen
13° Dimanche ordinaire. Année
A