SI VOUS M'AIMEZ...

"Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements" vient de nous dire le Christ dans cet évangile où il prend congé de ses apôtres lors du dernier repas qu'il prend avec eux au Cénacle.Ce dimanche, frères et soeurs, nous invite donc à réfléchir sur notre fidélité au Christ, fidélité à nos promesses du baptême et fidélité aussi au nom de chrétien que nous portons et qui signifie : ceux qui suivent le Christ, ceux qui sont d'autres Christ...

De quelle manière est-ce que je vis ma vie de chrétien ? Celle-ci se réduit-elle simplement à quelques pratiques extérieures, à des rites religieux ou a un vague sentimentalisme, alors qu'elle devrait être surtout affaire de changement de vie, de mentalité, de conversion continuelle à l'esprit de l'évangile. Cet esprit de l'évangile dont le maître mot est AIMER et qui nous dit :

               - ne jugez pas et vous ne serez pas jugés,
- pardonne à ton frère, réconcilie toi avec lui,
- heureux les pauvres, les coeurs purs,
- aimez-vous les uns les autres...

Cet esprit là, essayons-nous vraiment de le faire passer dans notre vie de tous les jours ? Oui, se dire chrétien est facile, mais ETRE véritablement chrétien c'est une autre paire de manche et Jésus le savait bien lorsqu'il disait : "Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur... qui entrent dans le Royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père !" Sommes-nous de ceux qui disent ou de ceux qui font ? Il n'y a pas moyen de nous illusionner : la qualité de notre amour pour le Christ se reconnaît à notre fidélité à ses enseignements dans notre comportement de tous les jours.

Voilà ce que le Christ attend de nous, mais il sait aussi que nous sommes des êtres fragiles et changeants, il sait aussi qu'avec nos forces seules nous n'iront pas bien loin et c'est pourquoi il dit : "Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous...". Frères, notez bien ce présent, "je reviens vers vous", cela veut dire que ce retour du Christ est toujours actuel, il est toujours en train de se faire, aujourd'hui comme hier, et hier comme demain. Le Christ n'en finit pas de venir, de "frapper à notre porte" de nous solliciter au dialogue avec lui. De la présence physique qu'il avait avec ses disciples, il est passé à une présence discrète et simple mais continuelle. Il est vraiment là, au coeur de nos vies, à l'intérieur de nous-mêmes. Nous n'avons pas à le chercher quelque part au-dessus de la stratosphère, à l'extérieur de nous-mêmes, quelque part "ailleurs"... Il est là, tout simplement comme il avait dit à ses apôtres avant l'Ascension : "Voici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde..." Et pour rendre plus facile notre fidélité, Jésus nous donne son Esprit, le Défenseur, l'Esprit Saint. C'est lui qui nous éclaire en ouvrant notre intelligence à son enseignement. C'est lui qui nous fortifie dans les difficultés que nous trouvons sur le chemin de notre vie chrétienne. C'est lui qui ranime notre courage abattu, nous console et nous redonne l'espérance.

Etre fidèle, oui, ce n'est pas toujours facile, frères et soeurs, mais il faut être conscient qu'à côté de la fidélité qui ne tombe jamais, il y a cette autre fidélité qui, elle, consiste à se relever toujours, à se remettre en route sans cesse, à reprendre toujours sa marche en avant. Et c'est ainsi, que de chutes en relèvements, en gardant toujours le cap quoi qu'il arrive que nous entendrons enfin nous aussi cette parole du Christ : "C'est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître..."      Amen


6eme dimanche après Pâques. année A