VOUS ETES LE SEL DE LA TERRE


Vous savez bien, frères et sœurs qu'une sauce sans sel n'a pas beaucoup de goût... De même, si vous marchez dans la nuit sans lumière vous vous égarez facilement ou vous trébuchez sur les obstacles... Et bien, aujourd'hui, Jésus choisit ces deux comparaisons la et il nous dit : "Vous les chrétiens, vous devez être le sel de la terre et la lumière du monde.

Le sel ça sert à quoi ? D'abord et avant tout à donner du goût, de la saveur aux aliments, à rendre appétissant ce qu'on mange. Mais le sel conserve aussi les aliments, il les empêche de se gâter et de pourrir. (rappelez-vous les salaisons que faisaient nos grands-pères avec le jambon par exemple) Ce sont là deux qualités que le Christ veut appliquer aux chrétiens. Ils ont à être là où ils sont, le sel de la terre pour donner à leurs frères le goût des choses d'en haut - ils ont aussi à les préserver de la corruption du péché et du mal.

Oui, frères et sœurs, nous sommes le sel de la terre, mais le Christ nous met en garde : si le sel n'a plus de goût, s'il est éventé et fade... alors il ne sert plus à rien. Il ne reste plus qu'à le jeter dehors et à le fouler aux pieds. Mais n'oublions pas non plus, frères et sœurs, que si nous mettons trop de sel dans la nourriture elle devient immangeable. Il faut ce qu'il faut, mais avec mesure.

La deuxième comparaison est de la même veine : vous êtes la lumière du monde. La lumière éclaire et attire, elle rassure, on sait où on met les pieds, on trouve sa route avec certitude... Un chrétien devrait un peu être tout cela : éclairer, attirer, donner des certitudes. Mais là aussi le Seigneur est réaliste : une lumière est faite pour briller et éclairer et non pas pour être mise sous le boisseau, pour être cachée... La nôtre brille-t-elle ? Eclaire-t-elle ? Ou se cache-t-elle par peur des autres, par paresse ou par respect humain ?

Oui, aujourd'hui le Seigneur nous appelle à être sel, à être lumière, deux choses importantes dans la vie de tous les jours, deux choses qui sont essentiellement là pour servir les hommes. Par-là le Seigneur veut nous faire comprendre que nous aussi nous somme là pour servir nos frères. La 1ère lecture d'Isaïe d'ailleurs nous dit comment :
            "Partage ton pain avec celui qui a faim,
            recueille chez toi le malheureux sans abri,
            couvre celui que tu verras sans vêtement,
            ne te dérobe pas à ton semblable...

(Se dérober à son semblable ! Cette expression me fait toujours penser à la parabole du Bon Samaritain, lorsque le prêtre et le lévite se détournent en passant devant le blessé couché dans le fossé, faisant semblant de ne rien voir... Est-ce que cela ne nous arrive jamais de nous détourner, de rentrer la tête dans les épaules pour ne pas voir et ne pas entendre les appels venant de nos frères ?) Oui, si nous faisons tout ce que Isaïe vient d'énumérer "alors notre lumière jaillira comme l'aurore", alors nous serons devenu vraiment lumière pour nos frères

Le chrétien qui veut servir ses frères, transformer le monde, ne pourra le faire que s'il est en communion de vie, de travail, d'amitié avec les autres, avec son temps, avec les projets et les aspirations de son époque. Le sel qui refuse de sortir de sa salière ne salera jamais rien, il faut qu'il s'intègre à la pâte, qu'il soit mis à toutes les sauces et qu'il prenne le risque de disparaître et de se dissoudre sans cela il ne communiquera aucune saveur. Celui qui perd sa vie, la sauvera... Nous n'avons pas à être chrétien pour nous-même, mais nous le sommes pour transformer, redresser le monde, lui donner de la saveur... c'est là notre mission.

Que nous prenions conscience en ce dimanche, frères et sœurs, que le Seigneur attend quelque chose de nous, que nous n'avons pas à rester recroquevillé sur nous même, mais que nous avons à donner, à répandre, à faire briller autour de nous tout ce que nous avons reçu au baptême et en particulier : la foi, l'espérance et la charité.
Amen

5e dimanche ordinaire. Année A