L'évangile de ce 4ème dimanche après Pâques est traditionnellement consacré à prier pour les vocations sacerdotales et religieuses. L'image du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis nous y invite presque naturellement, mais il y a aussi dans cet évangile de Jean une deuxième image qui est très parlante, elle aussi, c'est lorsque Jésus dit : " Je suis la porte"
Nous connaissons tous ce jeu qui s'appelle le labyrinthe où il faut traverser un réseau compliqué de chemins pour atteindre la case de sortie. De multiples intersections s'offrent à nous comme autant de portes. Cependant, une seule mène au but fixé, à la réussite, toutes les autres mènent à un cul-de-sac
Et bien, frères et surs, dans notre vie il en va de même. Nous cherchons tous et toutes le bonheur et pour y arriver nous avons à prendre une multitude de décisions pour bien nous orienter Mais attirés par le chant des sirènes et de la facilité il est souvent facile de se perdre dans un détour qui ne mène nulle part. Aujourd'hui le Seigneur nous dit : " Je suis la porte " qui mène vers la vie
Une porte c'est le lieu du va et vient, le lieu du choix, de la liberté : on l'ouvre ou on la ferme, on sort ou l'on rentre, on accueille ou l'on refoule La porte est le passage obligé pour aller dedans ou dehors, pour passer de soi aux autres, du privé au public ou inversement. Quand Jésus se présente à nous comme la porte c'est dans ce sens du passage obligé, la porte par excellence, celle par laquelle il faut passer à tout prix.Et cette comparaison paraît assez évidente parce que Jésus est tout à la fois homme et Dieu, parce qu'il ouvre simultanément sur le bercail et le pâturage, simultanément sur l'homme et Dieu, sur le monde et le Père. Parce qu'en lui s'unissent l'humain et de divin nous pouvons à travers lui passer de l'homme à Dieu et de Dieu à l'homme. Qui dit porte dit ouverture, et c'est bien vers une ouverture aux autres et à Dieu que Jésus veut nous mener et en cela il est tout à fait différent des Parisiens dont il est question dans cet évangile.
Ceux-ci enferment plutôt les gens dans l'enclos de leurs doctrines et de leurs règlements. Jésus s'en prend à eux non pas par des invectives directes, mais par le détour de la comparaison. Mais quelle sévérité cependant à travers les mots qui les désignent. Ce sont des voleurs, des brigands, des loups Ils volent, ils pillent et détruisent. Ils tracent à la prière les limites du Temple et fixent au salut les frontières du Judaïsme. Leurs fidèles ils les parquent pour mieux les protéger, les garder, les tenir
Cela n'a rien à voir avec le berger dont nous parle Jésus. Le vrai berger, le sien, il ne confine pas douillettement ses brebis à l'abri d'un enclos, mais c'est vers dehors, vers l'ailleurs, qu'il veut les conduire, il marche à leur tête vers un but bien précis, il les mène vers de frais pâturages Une religion renfermée sur elle-même, une religion opprimante et angoissée ce n'est pas celle de Jésus.
Au contraire, il met par-dessus tout en avant la relation personnelle, ses brebis à lui il les connaît chacune par son nom. Il n'a pas quelque part dans les nuages un fichier informatique avec tous les renseignements confidentiels sur nous, non, mais il nous connaît dans ce qu'il y a de plus profond et de plus intime en nous, notre nom, notre personnalité. Ce qu'il recherche avec nous c'est une relation personnelle, un toi-et-moi. Tant de chrétiens ne se sont pas épanouis dans leur pratique religieuse, parce que cette relation leur fait défaut.
" Je suis la porte des brebis ". Que nous passions par cette porte toujours grande ouverte pour nous rapprocher de Dieu et de nos frères, et qu'en ce dimanche des vocations notre prière aille vers celui qui est et restera le modèle de tous les bons pasteurs, de tous ces hommes qui veulent se mettre au service de leurs frères pour marcher " à leur tête " et avec eux vers Dieu. Amen
4° Dimanche après Pâques.
Année A