LES BEATITUDES

St. Matthieu nous présente aujourd'hui un des textes les plus importants de l'évangile : le sermon sur la montagne, la nouvelle loi introduite par les Béatitudes et dont nous proclamerons plusieurs chapitres ces prochains dimanches jusqu'à ce que le Carême vienne en suspendre la lecture.

Les Béatitudes sont en effet la nouvelle Loi du Royaume de Dieu, elle nous éclairent dans quel esprit nous devons nous approcher de Dieu. Les exigences des Béatitudes vont bien plus loin et bien plus profond que celles des 10 Commandements. Les 10 Commandements sont une loi, un garde-fou, les Béatitudes, elles, sont un état d'esprit, une mentalité nouvelle dans laquelle il faut entrer. " Ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages. " nous a dit St Paul tout à l'heure dans son épître aux Corinthiens, et il faut bien reconnaître qu'il y a comme une espèce de folie qui anime ces Béatitudes lorsqu'on les compare aux réalités qui nous entourent et qui nous montrent journellement le contraire : malheur aux maillons faibles : il sont éliminés (ceci sans allusion à certain jeu télévisé) ! malheur aux pauvres de cœur ou d'argent, ils seront écrasés, malheureux celui qui pleurent, on les laissera pleurer, malheur aux artisans de paix, ils seront arrêtés ou assassinés etc… etc…

Et si nous regardons nos réactions à nous : ces Béatitudes ne vont-elles pas tout à fait à contre courant de ce que la plupart d'entre nous pensent : nous avons tendance à dire : " Heureux ceux qui ont beaucoup d'argent et qui ont tout ce qu'ils veulent… heureux ceux qui ont le pouvoir et la force… heureux les rassasiés… " Mais, frères et sœurs, ces gens-là sont-ils vraiment heureux ? On pourrait en douter en lisant quotidiennement dans la presse les histoires, les affaires, les meurtres, les divorces provoqués par cet argent dont on n'a jamais assez et qui permet toutes les dérives.

Jésus, lui, veut nous apporter la vraie joie, celle du cœur, celle qui nous remplit du dedans et que rien ne peut troubler :
      - la joie qui vient d'un cœur de pauvre c.-à-d. de celui qui ne met pas sa confiance dans les biens matériels, qui est libre par rapport à toutes les fausses sécurités…
      - la joie qui vient d'un cœur miséricordieux qui sait pardonner et sait voir en tout homme un frère…
      - la joie qui vient d'un cœur affamé, qui a toujours soif d'apprendre, de découvrir, d'aller plus loin dans la connaissance de Dieu…
      - la joie qui vient d'un cœur qui fait régner la paix et la concorde autour de lui avec douceur et patience…

Oui, c'est cela le chemin vers la vraie joie qu'est venu nous montrer Jésus et il nous invite aujourd'hui à le suivre : l'argent, le pouvoir, la richesse ne peuvent pas donner un bonheur qui dure ? alors faisons ce qu'il nous dit et nous pourrons alors le trouver ce bonheur :
    - Soyons bons pour tous et spécialement pour les pauvres, les petits, les laissés pour compte, les malades et les personnes âgées.
    - Pardonnons à nos frères. Quelqu'un nous a-t-il fait du mal ? ne lui rendons pas le mal pour le mal, mais au contraire faisons-lui du bien à la place, c'est ainsi que nous changerons son cœur…
    - Travaillons à unir les hommes, à les réconcilier, à faire la paix autour de nous dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos lieux de travail…
    - Soyons prêts à nous battre pour la justice et pour que tout homme soit respecté, quitte à y laisser des plumes…

Ce que Jésus nous invite à faire aujourd'hui, il l'a fait et vécu bien avant nous. Il sait de quoi il parle lui qui a choisi la vie de pauvre, lui qui n'a pas montré sa puissance mais qui a eu pitié de tous : des pécheurs, des malades, des petits. Il est allé jusqu'à pardonner à ceux qui l'ont mis à mort en le clouant sur une croix, il est allé jusqu'au bout de sa quête de justice et d'amour, il est allé jusqu'à la mort. On dirait presque que ces Béatitudes dessinent un portrait de ce qu'a été Jésus. Nous voulons tous être heureux, frères et sœurs, mais ne cherchons pas des joies au rabais, des bonheurs frelatés et passagers que trop souvent les médias nous font miroiter mais plutôt cette vraie joie dont vient de nous parler le Christ.

Pour terminer je me permettrai de vous faire une petite suggestion pratique : pourquoi ne pas choisir dans ces Béatitudes l'une ou l'autre et essayer de la mettre en pratique cette semaine ? S'essayer à la pauvreté de cœur, à la douceur, à la miséricorde, à la pureté du cœur ou à être un instrument de paix… ? Choisissez celle qui vous parle le plus et lancez-vous. Que le Seigneur vous aide à vous sentir heureux grâce à cet effort que vous ferez pour lui et pour les autres !
Amen

4° Dimanche ordinaire. Année A