Le Christ est-il divisé ?

Les textes de ce 3ème dimanche nous invitent à creuser deux thèmes : celui de la lumière et celui de l'unité. Comme nous sommes en fin de la semaine de l'unité des chrétiens, le texte de St Paul dans l'épître aux Corinthiens ne pouvait pas mieux tomber…

En effet, St Paul écrit aux chrétiens de Corinthe pour les mettre en garde contre les divisions, ce travers trop humain qui consiste à s'opposer à d'autres simplement parce qu'ils sont différents de nous. Et si l'on s'oppose à eux c'est bien évidemment parce que nous, nous pensons être les meilleurs, les seuls vrais, les seuls purs. Plutôt que de regarder ce qui divise, nous devrions prendre l'habitude de chausser d'autres lunettes, des lunettes qui montrent ce qui unit, ce qui rapproche… Et dans le cas des chrétiens, ce qui unit c'est le Christ.

" Le Christ est-il divisé ?" vient de nous demander St Paul dans la 2ème lecture, et bien non, le Christ n'est pas divisé, il dit à chacun et à tous la même chose : de s'aimer les uns les autres, de se respecter, de ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas que les autres nous fassent. Il nous dit que nous sommes tous les enfants d'un même Père… Et bien, frères et sœurs, montrons cela par des actes concrets de compréhension réciproque, de respect, d'estime et d'affection plutôt qu'en se dénigrant, en s'opposant ou en ne voyant que le mauvais côté des choses.

Le deuxième thème qui nous est présenté aujourd'hui, c'est celui de la lumière : le Christ lumière du monde, lumière des nations.Quand on est dans les ténèbres on ne voit rien, on ne sait pas où l'on va, on trébuche sur les obstacles, on est inquiet… La lumière, elle, elle nous donne confiance, on sait où l'on met les pieds, elle aplanit les obstacles et les difficultés, on se sent en sécurité.

Dans notre vie de tous les jours, le Christ se présente à nous comme la lumière du monde. Dans St Jean il nous disait : " Je suis la lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie ". Oui, Jésus est notre lumière, car les hommes ne savaient pas pourquoi ils vivaient, pourquoi ils souffraient, pourquoi ils mourraient. C'est lui qui a éclairé notre route et qui nous a montré le but à atteindre. C'est lui qui éclaire le chemin, parfois si escarpé qui nous mène vers Dieu.

Mais, cette lumière il nous l'a confiée à chacun d'entre nous : " Vous êtes la lumière du monde " a-t-il dit à ses disciples, et cette lumière nous l'avons reçue au baptême non pas pour la cacher sous le boisseau mais pour qu'elle brille et qu'elle éclaire autour de nous. Cependant, frères et sœurs, nous avons parfois tendance à oublier qu'une lumière ça s'entretient. Si l'on ne change pas les bougies ou les piles, si l'on ne recharge pas les accus, la lumière faiblit et s'éteint. Pensez-vous à recharger vos batteries ? C'est ici que ça se recharge, à l'écoute de la parole de Dieu, dans la prière personnelle, dans la lecture ou la méditation de la bible ou d'un livre de spiritualité. Oui, ranimer notre flamme, notre lumière à la source de la lumière qu'est le Christ, il ne faut pas oublier cela car nous avons toujours à apprendre, toujours à découvrir, toujours à approfondir dans notre vie de foi.

Quand on marche sur une route mal éclairée il arrive que l'on se trompe et il faut parfois changer de direction. C'est à cela que nous invite aussi le Christ lorsqu'il nous dit à la fin de l'évangile : " Convertissez-vous ", car, éthymologiquement se convertir cela veut bien dire : changer de direction, se tourner à nouveau vers Dieu. Et bien tournons-nous vers lui et suivons-le sans crainte, car comme le disait le psaume que nous avons chanté tout à l'heure : " Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurai-je crainte ? ". C'est en le suivant que nous serons sûrs de marcher à sa lumière dans le bon chemin et d'arriver ainsi dans le Royaume de Dieu avec tous ces frères qu'il a mis sur notre route et qu'il nous demande d'aimer.
Amen

3° Dimanche. Année A