Les 52 dimanches de l'année sont tous là pour nous rappeler la Résurrection du Seigneur le Jour de Pâques. Ils en sont le mémorial. Mais les trois ou quatre dimanches suivants immédiatement Pâques nous donnent en plus les récits de ceux qui ont assisté à cet événement.
En effet, la Résurrection du Christ est un des événements les plus formidables, les plus incroyables de l'histoire de l'humanité : un mort qui se ressuscite lui-même ! Pour qu'un tel événement puisse avoir des chances d'être cru il faut qu'il y ait beaucoup de témoins qui aient vu la chose et qui puissent certifier et témoigner que tout s'est bien passé comme celà. Aujourd'hui l'évangile nous rapporte deux de ces témoignages.
Imaginez un peu, frères et soeurs, quel pouvait être l'état d'esprit des Apôtres après la mort de Jésus? Avec lui ils avaient tout perdu il ne leur restait plus d'espoir, ils étaient désemparés. Et voila que des bruits commencent à circuler : le tombeau est vide, Jésus n'est plus là, des femmes l'ont vu, lui ont parlé, Il est vivant ! Des disciples qui avaient quitté Jérusalem découragés après la mort de Jésus, l'ont rencontré en chemin et ont mangé avec lui à Emmaüs. Et pendant que ces hommes racontent ce qui leur était arrivé aux apôtres émerveillés et incrédules, tiraillés entre l'espoir le plus fou et le doute, voilà que Jésus est là au milieu d'eux. Nous pouvons sans peine imaginer cette joie des apôtres, ils sont bouleversés par la présence et les paroles de Jésus.
Mais l'un d'eux,Thomas, n'était pas avec eux quand Jésus
est apparu et il ne veut rien croire de ce que lui disent les autres disciples
:"Ce n'est pas possible, c'est de l'hystérie collective, ils prennent leurs
désirs pour des réalités...!" La seule chose qui pourrait le convaincre lui,
Thomas, c'est de voir le corps crucifié du Christ, et c'est ce signe tangible et
irréfutable qu'il réclame . "Si je ne mets ma main dans son côté et si je ne
vois pas la trace des clous dans ses mains, je ne croirai pas."
Dans cette
réaction de St Thomas nous nous retrouvons bien tous un peu, mes frères, nous à
qui il faut des signes pour croire et c'est bien là notre faiblesse. Comme
Thomas, nous voulons voir, palper, et toucher avant de croire... alors que le
Seigneur ne nous demande que la confiance et la foi en lui. Cette confiance et
cette foi en lui n'étaient peut être pas si évidents que cela même pour les
apôtres. C'est pourquoi, l'évangile nous dit que "le Seigneur leur donna encore
beaucoup d'autres signes de sa résurrection"
Et bien, frères et soeurs, ce que nous avons vu, ce que nous avons ressenti, ce que nous avons appris en cette fête de Pâques, soyons en nous aussi les témoins parmis nos frères.Comme les saintes femmes et comme les apôtres répandons la nouvelle : "Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Le Seigneur est vivant !" Mais nos contemporains eux aussi ont besoin de signes pour croire. Quels signes donnerons-nous à ceux qui cherchent le Seigneur et qui veulent s'en rapprocher à travers nous ? C'est un peu comme si ces gens nous disaient à nous , chrétiens, : "Nous ne pourrons pas croire en ce Dieu dont vous nous parlez si nous ne voyons pas dans votre vie les signes de sa présence, si nous ne pouvons pas toucher du doigt en vous les preuves de son amour, de sa bonté, de sa justice..." Thomas a retrouvé la foi en voyant les plaies, les marques de l'amour du Christ dans ses mains et dans son coeur. Les gens d'aujourd'hui, ceux qui vivent autour de nous, trouveront peut-être la foi quand ils verront passer à travers nos mains et notre coeur l'amour de Dieu pour eux; ils croiront quand ils pourront dire de nous comme les païens disaient des Premiers Chrétiens : "Voyez comme ils s'aiment"
Que tous ceux qui vous verront vivre et agir au cours de cette semaine puissent dire cela de vous, c'est la grâce que je vous souhaite. Amen
2ème Dimanche de Pâques A