TRANSFIGURATION

En cette première semaine de Carême, nous venons de nous mettre en route et les textes de ce 2ème dimanche nous invitent à poursuivre cette route vers Dieu. Le Carême c'est un peu un départ vers l'aventure et ce n'est pas pour rien que l'Eglise dans la 1ère lecture nous donne comme modèle Abraham.

Abraham est un homme avancé en âge, il possède de grands biens mais il n'a pas d'héritier. Et voici que Dieu lui demande de quitter le confort, la sécurité, tout ce qui faisait son univers et sa vie pour partir vers un pays lointain et inconnu. Abraham, croit en la Parole de Dieu, il se met en route et sa foi sera récompensée par le fils de la promesse : Isaac.

Ceci est un peu une constante dans la manière d'agir de Dieu : il nous demande de bouger, de nous remuer, de nous mettre en route. A nous aussi le Seigneur nous dit : " Va, laisse tout et pars vers le pays que je te montrerai. " Et si nous disons OUI, nous entrons alors dans un nouveau monde, un dépassement de notre horizon, un engrenage qui nous pousse hors de nous-même et au-dessus de nous-même. Oui, Dieu fait bouger. Mais si l'on ne bouge plus c'est qu'on est sclérosé ou alors qu'on est tout simplement mort...

L'Évangile nous donne un autre exemple de réponse à l'appel de Dieu. Il s'agit de Jésus qui s'est donné totalement à la mission que Dieu lui confiait. Après une longue et humble préparation, il quitte Nazareth et prend la route qui se dirige vers Jérusalem et le Calvaire. Mais au bout de cette longue et dure route, faite de séparations et de ruptures continuelles, il y aura la gloire de Pâques annoncée et préfigurée dans la Transfiguration.

Cette Transfiguration dont vient de nous parler l'évangile, Jésus l'offre à ses apôtres pour leur redonner courage après l'annonce de sa Passion. Il les conduit sur la montagne pour y raviver leur foi, faire une halte rafraîchissante avant de redescendre dans la plaine. Jésus transfiguré sera bientôt défiguré par la Passion mais le souvenir de cette heure de gloire permettra aux apôtres d'aller jusqu'au bout de la nuit, jusqu'à l'aube de Pâques.

Frères et sœurs, Jésus et Abraham nous invitent à prendre le départ, à nous mettre nous aussi en route courageusement pendant ce temps de Carême en ayant devant les yeux la promesse de la joie de Pâques à venir.

Mais quand on voyage, vous le savez bien, on ne peut tout emporter avec soi. Il faut faire un tri, n'emmener que le strict nécessaire et laisser derrière soi tout ce qui pourrait ralentir la marche ou la gêner, tout ce qui est inutile. Pour le Carême, c'est pareil, débarrassons-nous de ce qui encombre notre âme et nous empêche d'avancer vers Dieu : mauvaises habitudes, orgueil, sensualité, égoïsme etc...

Cela a l'air facile quand on en parle comme cela, mais ça l'est beaucoup moins en réalité. Ne serait-ce pas, parce que nous ne comptons que sur nos seules forces et que nous savons par expérience qu'elles sont bien faibles pour ces combats. C'est la raison pour laquelle ce dimanche de la Transfiguration nous rappelle que le Christ est là et qu'il nous dit à chacun et à chacune d'entre nous en ce moment ce qu'il a dit à ses apôtres tremblants et couchés la face contre terre sur la montagne : " Relevez-vous, n'ayez pas peur, je suis là. "        Amen

2ème dimanche de Carême. Année A