Dans l'évangile, nous venons d'entendre Jean le Baptiste qui invite ses contemporains à la conversion et à la pénitence, et la raison qu'il donne c'est que " celui qui doit venir est proche ". Et bien, frères et surs, cette invitation vaut aussi pour nous. L'appel du prophète Isaïe, repris dans l'Alléluia et dans l'évangile, nous concerne tous : " préparez le chemin du Seigneur, dans le désert aplanissez sa route "
A Noël, le Seigneur veut venir chez nous. Nous avons à préparer cette venue, à la faciliter. N'avons-nous vraiment rien à changer en nous ? Serions-nous encore plus aveugles que les Pharisiens et les Sadducéens qui venaient prendre le baptême de pénitence que Jean donnait à Bétaraba, un gué sur le Jourdain ? Ce que Jean leur demandait et nous demande aujourd'hui c'est de nous convertir et de purifier notre cur. C'est à retourner les profondeurs de notre être comme fait le laboureur en cette saison avant de pouvoir ensemencer son champ.
Et des choses à changer, il doit bien y en avoir en nous ! Si nous y regardons de plus près que de trous, de ravins et d'abîmes peut-être à combler ! Manques de foi, manques de générosité, manques de charité, indifférence aux autres Que de collines et de montagnes aussi : orgueil qui ne plie devant rien ni personne, égoïsme, refus d'obéissance, tel ou tel vice qui règne en maître dans notre âme
Le rôle de cet Avent est justement de combler, de
raboter, d'aplanir tout cela, faire passer le bulldozer pour tracer bien droit
le chemin par lequel le Seigneur viendra dans notre âme. Pour se convertir
il faut savoir passer par le désert, ce lieu du dépouillement,
de la nudité, du silence, cet espace où rien ne détourne
nos yeux de l'Essentiel ; ce lieu où Dieu se fait entendre et où
chacun peut l'écouter. L'avent est un temps où l'on écoute
plus attentivement la Parole du Seigneur qui vient.
Et bien, durant ces jours qui nous séparent de Noël, écoutons
cette voix de Jean-Baptiste qui nous invite aujourd'hui à préparer
le chemin du Seigneur. Certes, elle n'est pas très douce cette voix et
elle ne fait pas dans la dentelle. Dans un langage rude et violent il fait tout
pour secouer et réveiller ses auditeurs en leur mettant bien les points
sur les i
Mais il y a une autre voix, bien différente, qui nous invite en cet Avent, c'est celle de Marie dont nous allons célébrer l'Immaculée Conception. S'il y en a une qui sait ce que c'est que d'attendre le Sauveur et de se préparer à sa venue, c'est bien elle. Elle est là qui nous tient par la main tout au long de notre avancée vers Noël, et elle nous pousse à faire comme elle a fait tout au long de sa vie c-à-d débarrasser son cur de tout ce qui pourrait l'encombrer pour que le Christ puisse entièrement le remplir. Avec Marie, invitons le Sauveur à venir chez nous et redisons lui avec insistance ce cri de l'Avent : " Viens Seigneur, ne tarde plus " Et lui alors, si vraiment et de tout cur nous le désirons, nous dira à Noël ces paroles bouleversantes de l'Apocalypse : " Voici que je me tiens à ta porte et je frappe Si tu entends ma voix et si tu ouvres ta porte, j'entrerai chez toi pour souper comme avec un ami, moi près de toi et toi près de moi "
Oui, pour accueillir un tel ami cela vaut la peine de se bouger
un peu, aussi ce matin, frères et surs, écoutons ces deux
voix de Marie et de Jean le Baptiste, préparons notre cur et rendons
bien droit le chemin par lequel le Seigneur viendra chez nous.
Amen
2° Dimanche de l'Avent. Année
A