Frères et surs, nous entrons avec ce premier dimanche de l'Avent dans une nouvelle année liturgique, quelque chose de neuf commence pour nous. L'Avent est avant tout une période d'intense désir de la venue du Christ mais aussi une préparation pour l'accueillir. L'Evangile vient d'ailleurs de nous inviter à nous tenir prêts et à veiller pour ne pas nous laisser surprendre par sa venue comme les gens à l'époque de Noé.
Vous savez qu'il y a plusieurs manières d'attendre et d'accueillir quelqu'un : accueil des inconnus auxquels on se contente d'entre ouvrir la porte et qu'on laisse sur le seuil ; accueil un peu plus chaleureux d'un voisin que l'on invite à rentrer pour bavarder quelques minutes ; et enfin l'accueil d'un grand ami qui vient passer quelques jours à la maison : alors là, nous n'hésitons pas à bousculer notre maison au risque d'être nous-même mal installé, pourvu que l'ami se sente bien et ne manque de rien.
L'ami qui frappe chez nous en ce temps de l'Avent c'est le Christ ! Frères et surs, il faut lui faire de la place dans notre âme, il faut même lui laisser toute la place. Il faut qu'il se sente chez nous comme chez lui et pour cela il faudra peut-être passer l'aspirateur à fond, faire un grand nettoyage, enlever tout ce qui peut le gêner : toiles d'araignées de nos défauts ou de nos péchés mignons, poussières de nos routines ou de nos négligences... Ce sera notre travail de l'Avent, ce travail auquel nous invite St Paul dans son épître aux Romains : rejetez les activités des ténèbres, conduisez-vous honnêtement, sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans disputes ni jalousies La nuit est bientôt finie, le jour est proche". Nous avons, je pense, du pain sur la planche !
Quand quelqu'un arrive inopinément et ne se sent pas attendu, et qu'il se sait peu désiré, il n'est pas à l'aise. Les quatre semaines de l'Avent sont là pour nous apprendre à désirer intensément la venue du Christ. Et pour apprendre cela, l'Eglise nous met à disposition de magnifiques psaumes tout empreints de ce désir de Dieu . Par exemple le Ps.63 qui nous dit : "Dieu, toi mon Dieu, je te cherche dès l'aube, mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, comme une terre sèche, altérée sans eau..." Vous avez sans doute tous vu au cours d'une grande sécheresse la terre craquelée, crevassée et lorsqu'on y verse de l'eau comment elle l'a boit, comment elle l'aspire... et bien ainsi devrait être notre désir de Dieu. Ou bien encore le Ps.42 : "Comme languit une biche après l'eau vive, ainsi languit mon âme après toi, mon Dieu ! Mon âme a soif de Dieu..." Ou alors ce magnifique cri des premiers chrétiens qui convient très bien à ce temps de l'attente et du désir : "Maran atha !" - "Seigneur viens !". Oui, qu'il vienne nous sauver, qu'il vienne nous transformer, qu'il vienne nous redonner courage et force pour nous remettre en marche, pour nous remettre en route vers lui !
Le Christ ne viendra en nous que dans la mesure où nous le désirerons, dans la mesure où nous lui ferons de la place, où nous nous viderons de tout ce qui encombre notre âme pour n'être plus que comme un vase en attente de l'eau qui va venir...
A l'entrée de ce temps de l'Avent, écoutons St Paul qui nous dit : "Il est temps de sortir de votre sommeil ", mais écoutons aussi le prophète Osée nous dire : "Il est temps de chercher Yahvé !" Cherchons le donc de tout notre cur, de toute notre âme : "Car, dit Dieu dans le prophète Jérémie, quand vous me chercherez vous me trouverez, pour m'avoir cherché de tout votre cur je me laisserai trouver par vous !"
Frères et surs, que vous puissiez trouver Dieu
pendant cet Avent, c'est ce que, de tout cur, je souhaite à chacun
et chacune d'entre vous.
Amen
1er dimanche de l'Avent de l'année : A