(Lettre d'un catéchiste de KORHOGO sur les événements)
Mon Père, je vous écris cette lettre pour vous annoncer quelques nouvelles de Korhogo.
Je me porte très bien ainsi ma famille et je vous souhaite autant. Comme vous le voyez, le pays est en guerre donc tout est arrêté ici, au nord, et nous avons tous peur. Au début c'était trop grave puisque les rebelles tiraient partout et les gens recevqient les balles perdues dans leur propre maison. Il y a eu beaucoup de blessés et de morts car il y avait pas de bon docteur, ils avaient tous fui. C'est après que les "médecins sans frontières" sont arrivés et ont pu soigner beaucoup de personnes dans les villes et les villages occupés par les rebelles. Il n'y a plus d'ambulances, les rebelles ont tout pris. Si jamais il y a un malade il faut l'envoyer à moto à Korhogo sinon il meurt, de même pour les femmes qui attendent des bébés.
Quand la population a vu cela elle a commencé à être contre les rebelles, mais elle ne pouvait rien puisque ceux-ci sont armés, très bien même. Les premiers jours la population a bien accueilli les rebelles, mais actuellement avec tout ce qu'ils font, la population est fatiguée : ils pillent les maisons, ils tuent des innocents, même les prêtres de Don Bosco ils sont allé les frapper le jour du Vendredi Saint et les fermer en prison. Dès le début les Frères sont partis en Espagne, donc moi je vais surveiller la maison puisque il n'y a plus de travail. Je suis très inquiet, je ne sais pas quand cela va durer.
Au début, vraiment c'était trop grave, toute la circulation était arrêtée même le marché. Danc la vie a changé, tout a augmenté, les gens partent chercher le riz ou autres produits au Mali ou au Burkina Fasso à moto ou à vélo. C'est en ce moment que les gens comprennent que la guerre n'est pas bonne. On voyait à la télé mais on ne l'avait jamais vécu et on ne pouvait imaginer la puissance des armes. Pour le moment on espère que les mois à venir que cette guerre prendra fin.
A Kombolo, c'est la soeur Sagrano qui est partie, les autres soeurs sont restées. Là-bas aussi les rebelles ont pris ce village. Pour ma maison j'ai fait la toiture et il reste les portes, les fenêtres et le crépissage. J'avais pris un crédit avec les Frères pour faire cela et je devais rembourser en deux ans, malheureusement la crise est arrivée donc cela va prendre encore plus de temps.
Je salue votre maman et tous les autres. Merci et à bientôt.