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Voir aussi l'article sur les masques WABOU de Côte d'Ivoire sur le site SMA-Nederland.
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La région du Sud-Togo et Sud-Ghana a la particularité de voir naître de nombreux jumeaux. On ignore la raison exacte de ce phénomène. La mortalité est importante dans   ce cas. Cela donne lieu à la production de curieuses statuettes de bois qui représentent les jumeaux défunts.
La collection de l'ESPACE AFRICAIN des MISSIONS AFRICAINES à F-HAGUENAU, possède une série de 24 statuettes représentant des jumeaux. Elle fut collectée par le Père Ugo Bosetti à Kouvé au Togo, en 1958. Chez les éwé ces statuettes sont dénommées " vénovi " et " vénaviwo " (au pluriel), chez les ashanti ce sont des ibedji . C'est chez les Ewé, Fanti et Ashanti de la côte du Golfe du Bénin que l'on trouve les poupées de jumeaux en question. En voici huit exemples disparates…
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Pour bien comprendre le sens de ces statuettes, voici un document collecté par le Père Bernard Bardouillet auprès de François GBEDEVI et Benoît HOUNDJAFO demeurant à ADAMAVO-LOME.

          Sur la côte-est du Golfe du Bénin, une naissance est un événement heureux qui intervient dans le contexte qui relie la vie à la mort. La croyance dans la réincarnation est toujours vivace, malgré l'influence du christianisme.

          A la naissance d'un enfant, il faut écouter parler les ancêtres à travers les devins ou ceux qui pratiquent la nécromancie (sic). Il y a certaines naissances auxquelles il faut attacher une attention particulière. Ce sont les naissances qui se présentent " les pieds devant ". On les dénomme ainsi : ago, agossou, agossa, agossi, xetsu, xetsa. On doit les vénérer pour ne pas attirer sur son foyer la colère de ces " demi-dieux " (sic). (Ce sont des survivants, ndr).

          La naissance de jumeaux, jumelles ou triplés est tout aussi chargée de signification.

A la naissance :
          Les naissances multiples, que ce soit à la maternité ou à l'hôpital, ou plus naturellement chez les accoucheuses traditionnelles, sont fréquentes dans cette région. On se pose nécessairement les questions suivantes :

             - sont-ils nés naturellement, en présentant la tête la première ?
             - l'un d'eux a-t-il présenté les pieds en premier ?
             - qui est sorti le premier ?

          Le prénom de l'enfant dépend de ces corollaires. Le devin détermine " l'arbre duquel sont descendus les bébés ". Le lignage de la gémellité est-il paternel ou maternel ? Un représentant du lignage interroge les bébés :
" Etrangers, vous n'avez pas encore de noms, êtes-vous venus nous visiter ou restez-vous avec nous ? Si c'est pour nous visiter, vous pouvez partir de suite, mais si c'est pour être des nôtres, vous êtes les bienvenus ".
          Il fait alors une libation. Cela se reproduit pendant huit à seize jours suivant la décision du devin. Vient alors le rite de la sortie au village des jumeaux.
Rite de sortie :
          Dès le matin les parents vont en brousse, prés de la maison, pour cueillir des herbes destinées à la cérémonie. Les herbes symbolisent la brousse où l'on fabrique les flèches, les carquois et les hottes dont tout le monde se sert dans la vie courante. En rentrant ils exécutent des chants où l'on exalte la bravoure et la vaillance des jumeaux. Des danses sont exécutées autour d'un boisseau ? (sic). Chacun dépose les herbes cueillies.

          Un garçon, si c'est des jumeaux, une fille, si ce sont des jumelles ou un garçon et une fille si ce sont de faux-jumeaux, procèdent à la sortie des bébés. Les bébés sont déposés sur le boisseau (corbeille ou coufin, ndr) et les herbes. Le père des enfants rentre dans le cercle et on lui dépose sur la tête les bébés dans la corbeille. Si l'on n'a pas offensé les bébés le père peut danser avec la corbeille sur la tête sans faire tomber l'un d'entre eux. Mais au contraire, si l'un d'entre eux risque de tomber, les danseurs s'arrêtent et on sacrifie deux coqs ou deux poules, selon le sexe des enfants. (transcription aléatoire due à une lacune, ndr.)
L'autel des jumeaux :
         Après ce rituel, il est du devoir des parents d'élever un autel où viendront " manger et boire " les bébés (sic), (les génies des bébés, ndr). Il se compose de :

                   - un petit pot en terre cuite appelé " bozi "
                   - deux pots un peu plus gros pouvant contenir un demi-litre d'eau
                   - une somme de 3 X 35 FCFA
                   - un petit couteau de fabrication traditionnelle
                   - des coquillages cauris
                   - un rameau de palmier, du tissu blanc, rouge et noir ( ce sont les marques du vodun, ndr)
                   - deux coqs ou deux poules suivant le sexe des bébés
                   - un litre d'huile de palme
                   - du haricot rouge.

   
       Le parrain procède à l' élévation de l'autel avec de la terre pétrie, ce qui provoque parfois des nausées.

          Pour saisir n'importe quoi pour la constitution de cet autel, il faut plonger la main dans l'un des pots (sic). Il faut être initié, sans quoi on devient " vodun " toute sa vie. ( Cette remarque est très importante pour la compréhension du vodun, ndr.)
La mort précoce des jumeaux :
          Les jumeaux sont des êtres dont il faut prendre grand soin, sans quoi, ils risquent de vous quitter pour " aller chercher du bois de chauffe ". C'est-à-dire mourir. Ils retournent sur l'arbre dont ils sont issus.

          Lorsque un ou des jumeaux décèdent, les parents ne doivent pas pleurer. Pour manifester leur présence parmi les humains, il faut les représenter par une statuette. Dans les déplacements, aux champs, au marché, au marigot, la maman doit garder sur elle cette statuette. A la maison, au moment du repas, on doit laisser dans un plat, devant la statuette, une partie des aliments que l'âme des enfants viendront manger.

          Si d'aventure la maman décède, un membre de la lignée doit donner périodiquement à manger à ces enfants qui ne sont pas vraiment morts. On prépare à cet effet, du haricot rouge avec beaucoup d'huile de palme.

         Ce sont souvent les vendredi qui sont choisis pour faire ces sacrifices.
L'ensemble des jumeaux " Bosetti " présente la particularité de comprendre plusieurs traditions sculpturales. Elle compte huit pièces en bois blanc issues d'un même atelier ashanti.

Trois, en bois rouge, sont d'un autre atelier ashanti.

Quatre sont résolument d'origine "fanti". La deuxième statuette à gauche, a la bouche creusée pour recevoir le repas d'un grain de riz.